L’entrepreneur démystifié

Récemment j’ai décidé de quitter mon poste chez Volvo pour me lancer dans la création d’entreprise. Pour moi il s’agira de la première fois et, afin de ne pas faire n’importe quoi, j’ai décidé de suivre une formation en stratégie et marketing. A cette occasion, j’ai appris de nombreux concepts de base qui seront susceptibles de me guider, notamment dans la mise en place du démarrage d’un nouveau produit à moindre risque (je reviendrai dessus dans un futur billet).

Lors de cette formation ont également été abordés les mythes de l’entrepreneur, qui dans les ouvrages contemporains sont très souvent glorifiés, ce qui a pour effet d’accentuer le mythe. Je souhaite partager avec vous mes impressions sur cinq mythes très courants car cela m’a permis de revenir à la réalité de ce qui sous-tend l’action d’entreprendre.

Mythe n° 1 : Le visionnaire

Lorsque l’on étudie la plupart des réussites d’entrepreneurs, on ne peut s’empêcher de penser qu’ils étaient visionnaires, qu’ils ont eu une grande idée et que leur succès vient de là. Mais cette vision est complètement fausse.

Prenons le cas de Facebook : qui aujourd’hui ne connaît pas Mark Zuckerberg, qui n’imagine pas que c’était un visionnaire en créant Facebook… ?

Néanmoins, au départ Facebook (qui ne s’appelle pas encore Facebook) n’est qu’un annuaire des élèves de l’université Harvard, puis, son créateur décide de l’étendre à d’autres universités et par la suite, celui-ci deviendra le plus grand réseau social mondial. On se rend donc bien compte qu’au départ, l’idée est banale, il s’agissait d’un simple annuaire d’élèves en ligne…

Il en ressort que n’importe quelle idée, même la plus banale, peut être une grosse réussite.

Mythe n° 2 : Prendre des risques

Ce mythe est l’un des plus tenaces : « il faut prendre des risques pour réussir ». Bien au contraire, les faits nous montrent que c’est en s’attelant à limiter ces risques que les entrepreneurs réussissent. En effet, un bon entrepreneur est celui qui apprend à gérer les risques et qui essaie d’en limiter les impacts. De par cette capacité, il a une aisance particulière à minimiser les risques, à ne pas confondre avec la prise délibérée de risques.

Mythe n° 3 : L’expert en prévision

De nombreux cas on démontré qu’il était impossible de prédire l’avenir. Les vrais entrepreneurs se focalisent plutôt sur l’analyse des faits, le constat réel du comportement des consommateurs. Je pense notamment à Starbucks qui se lance dans la vente de café à Seattle à une époque où les experts prédisent une chute de la vente de café et une baisse de la consommation sur le marché US, alors que ce n’est pas du tout le constat que feront les créateurs de starbucks. Comme tout le monde, l’entrepreneur est incapable de prédire l’avenir, au contraire il se base sur l’analyse des faits pour prendre ses décisions.

Mythe n° 4 : Le super Héros

L’entrepreneur ne serait pas comme le commun des mortels, il serait doué de capacités extraordinaires qui font son succès. Il serait né avec ces caractéristiques, ça ne s’apprendrait pas… Aucune étude n’a pu le démontrer, au contraire c’est l’une des disciplines les plus enseignées dans les grandes universités. Elle suit certains modèles, principes et processus qui peuvent être étudiés et dont les connaissances peuvent être acquises.

Mythe n° 5 : Un Solitaire

Enfin le mythe de l’entrepreneur qui a réussi seul. Ce mythe est très bien entretenu par la littérature. On se souvient tous du grand PDG de telle ou telle entreprise, mais rarement des associés. Néanmoins, c’est le travail d’équipe qui fait la réussite d’une entreprise. C’est en s’entourant des bonnes personnes que l’entrepreneur peut réussir.

Conclusion

J’espère avoir démontré que l’entreprenariat ne repose pas sur ces mythes et que n’importe qui peut décider d’entreprendre, et à n’importe quel niveau. En effet, on a tendance à ne retenir que les gros succès et à négliger l’effort et le travail des petits entrepreneurs qui chaque jour réussissent à créer de la valeur. Dans mon prochain billet, j’évoquerai une méthode d’entreprenariat qui permet de limiter les risques et de maximiser les chances de réussites.