Le mardi 15 septembre 2026, Programini tenait le stand ST13bis du Village Start-up, à EnerJ-meeting Lyon, au Palais de la Bourse. Le produit présenté était OCTOWISE. Sur le kakemono, une seule phrase : « Vos bâtiments ont des choses à vous dire. » Ce que les visiteurs sont venus vérifier ensuite était plus précis. Après la mesure, qui voit la dérive, qui décide, et les données restent-elles chez le gestionnaire.
Un salon de prescripteurs, dans le hall
EnerJ-meeting n’est pas un salon généraliste. Une journée, un lieu, des décideurs : maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, collectivités, bureaux d’études et industriels se croisent autour de la performance énergétique et environnementale du bâtiment. Le fil 2026, « Bâtir 2050 : sobriété, efficacité, décarbonation, adaptation, désirabilité », était écrit sur la façade autant que dans le programme.
Le Village Start-up occupe le hall, entre les allées et les salles de conférences. Le passage y est court, de l’ordre de deux minutes pour comprendre ce que fait un produit. Cette contrainte écarte la démonstration exhaustive. Elle oblige à répondre à une question à la fois, ce qui, sur un sujet aussi chargé que l’énergie du tertiaire, clarifie plus qu’elle ne réduit.
Presque personne n’a demandé si OCTOWISE affichait des graphes. Les graphes existent déjà, souvent issus de trois outils qui ne se parlent pas. La question arrivait après la mesure : qui voit que ça dérive, qui prévient, et où atterrit la décision. Tout de suite après venait l’hébergement. Les données restent-elles chez nous ?
Le programme parlait déjà de BACS et de GTB
Les salles donnaient le cadre avant même les stands. En salle 1, « Décret BACS : supervisez, pilotez, optimisez vos consommations », puis la gestion de l’éclairage au regard du décret. En salle 3, « GTB clé en main… est-ce suffisant ? », suivi de « Monitoring, IoT et GTB : quelles complémentarités ? ». Ces intitulés disent le métier mieux qu’une liste de fonctions : la supervision ne vaut que si elle rejoint le décret, et une GTB livrée ne règle pas à elle seule le suivi d’un parc.
C’est dans cet intervalle que se place OCTOWISE, le produit Programini pour l’énergie du bâtiment. Sur une fiche, on voit si un bâtiment s’écarte de son propre comportement, comment il se situe dans le parc, et si l’action corrective a été menée, à quel coût. Conformité et performance réelle se retrouvent au même endroit, à l’échelle du patrimoine. Nous avions décrit ce passage dans Énergie du bâtiment : passer des compteurs aux décisions. À Lyon, il est revenu sous la forme de questions posées debout.
En pratique, la fiche bâtiment montrait quatre choses distinctes. Un registre BACS structuré, plutôt qu’une annexe PDF. Une analyse du BACS séparée de l’analyse du bâtiment, appuyée sur le DPE ADEME confirmé. Une collecte qui complète l’existant, en BACnet, Modbus, MQTT, OPC-UA, API ou Enedis, sans demander de tout remplacer. Une vue de conformité pour distinguer, sur le parc, ce qui est prêt de ce qui bloque encore.
Quatre sujets, une seule fiche
Le premier sujet était la détection. Un pic à 14 h un mardi n’est pas une anomalie s’il appartient au profil habituel du bâtiment. Une signature saisonnière, qui croise le mois, le jour de semaine et l’heure, apprend ce profil et limite le bruit des seuils fixes. Les conditions de fonctionnement couvrent l’autre cas, celui de la règle que l’exploitant connaît déjà : une durée, une plage horaire, une récurrence. L’alerte part ensuite vers le web, l’e-mail ou le mobile, selon le rôle de la personne qui doit agir.
Le deuxième était le dossier réglementaire. Tant que le décret tertiaire, OPERAT, le BACS et le DPE vivent dans des classeurs séparés, le statut de conformité d’un site n’existe pas vraiment : on le reconstitue une fois par an, souvent trop tard pour corriger l’année. À Lyon, en zone climatique H2, la correction par les degrés-jours n’est pas un détail de méthode. Une année de référence mal calée fausse l’objectif 2030 avant la première déclaration.
Le troisième était le coût. La consommation se voit. Le coût réel, facture par facture et bâtiment par bâtiment, beaucoup moins. Lire les factures d’énergie et de travaux n’a d’intérêt que si le réalisé vient mettre à jour le plan d’actions auquel la dépense se rattache. Sinon, on ajoute un tableau de plus à côté de ceux qui existent déjà.
Le quatrième était l’échelle. Une collectivité, une foncière ou un campus ne se pilote plus site par site : la question utile est de savoir par où commencer. La carte du patrimoine colore le parc selon le DPE, le score d’analyse, les alertes ou la disponibilité des sources. Chaque métier garde sa lecture. Le terrain suit depuis l’application mobile, le siège depuis le web.
Ce que deux minutes au stand permettent de voir
Le stand tenait dans peu de choses : un ordinateur, le kakemono, deux tabourets. Ce format impose de partir d’un cas plutôt que d’un sommaire. À l’écran, une carte multi-sites, puis la fiche d’un bâtiment, puis une dérive et l’alerte qu’elle déclenche. Le reste du produit ne vient qu’ensuite, quand la personne en face a reconnu une situation qu’elle connaît.
Le point abordé le plus tôt, souvent avant même cette séquence, était l’hébergement. OCTOWISE s’installe chez le client. Consommations, factures, dossiers et identités restent sur son instance, dans son périmètre. Le gestionnaire garde la main sur les séries, les accès et la réversibilité, et les données peuvent en ressortir par les canaux déjà prévus : MCP, OData ou clés d’intégration. Ce choix rejoint, pour le bâtiment, ce que nous décrivons plus largement sur la souveraineté des données.
Deux autres points revenaient dès que la conversation durait un peu. La collecte s’adapte aux protocoles et aux fournisseurs déjà en place, y compris quand l’équipement est exploité par un tiers. L’analyse apprend le comportement propre de chaque bâtiment, ce qui la rend utilisable sur un parc hétérogène sans réglage manuel site par site. Le QR code du kakemono ne menait pas à une plaquette : il ouvrait une demande de démonstration sur le patrimoine du visiteur. Deux minutes qualifient un sujet. Elles ne le tranchent pas.
Les questions difficiles se répétaient d’un rendez-vous à l’autre, à Lyon comme ailleurs, et elles portaient rarement sur une fonction. Compatibilité avec l’existant. Fiabilité quand un compteur décroche ou qu’une source devient indisponible, et ce que devient alors l’analyse. Nombre de fausses alertes, et sur quelle durée d’apprentissage. Coût complet, mis en regard d’économies mesurées plutôt qu’estimées. Un salon sert aussi à entendre ces objections avant qu’un pilote ne les découvre six mois plus tard.
Ce qui ne se tranche pas dans une allée
Aucune de ces questions ne se règle en une phrase, et c’est préférable. Elles cadrent le sujet réel, qui est la preuve. OCTOWISE est le produit Programini avec lequel nous étions présents. Le récit du stand, côté produit, est publié sur octowise.fr.
EnerJ-meeting continue : l’édition parisienne est annoncée le 23 février 2027 au Carrousel du Louvre. Merci à l’équipe d’organisation, et aux personnes qui se sont arrêtées au stand ST13bis. La mesure, pour beaucoup de parcs tertiaires, est devenue un acquis. La décision, et la garde des données, ne le sont pas encore.